"Les interstices du sens", par Marine Dhermy
J'ai le plaisir de vous faire partager mon premier recueil de poésie, publié en mars 2009. Les vingt-quatre poèmes qui le composent ont pour la plupart été
écrits pendant les années 2007 et 2008, mais quelques uns remontent à 2005. Si je ne crois plus dans ce qui constituerait un "sens" de la vie, souvent revendiqué par les poètes comme une
quête constante et inachevée, si je doute parfois de la signification que revêt le mot "humanité", si je suis souvent tentée par un certain nihilisme, je n'en continue pas moins de rechercher ce
qui serait comme une "vérité" de l'Être. Cette vérité de l'Être, j'ai pu la trouver dans l'esprit, autrefois, mais la philosophie m'a paradoxalement amenée à démystifier l'esprit au profit de
"l'intuition", cette intuition toute bersgonienne. Cette vérité de l'Être, c'est elle que je ne cesse de chercher à travers la poésie, à travers une poésie qui n'est pas dupe d'elle-même : une
vérité de l'Être dont je sais pertinemment qu'elle est pure construction humaine. Et pourtant, je continue de la chercher, patiemment, tout en n'y croyant plus.
Préface
Il suffit d’un peu de terre pour apprendre à jouer. J’ai construit mes rêves, d’un
lopin de vie, de quelques tubercules mis au jour par des pluies torrentielles. Les plus petites impressions, futiles parfois, essentielles souvent, façonnent la part la plus intime de nous-mêmes,
celle dont nous refusons l’objectivation et la publicité. Comme le chant, cette voix qui nous met à nu de l’intérieur, la poésie, en n’échappant pas à la métaphore, dévoile les entre-deux des
mots qui, de leur signification première, font exploser le carcan du sens et provoquent le déluge des émotions. Ainsi naît le poète. Toute pensée, la plus rationnelle qui soit, s’enracine dans un
réseau d’appréhensions, de plaisirs, de peurs, sans s’identifier à lui. Elle devient idéologie, philosophie ou poésie.
Les interstices du sens sont l’entre-deux de la pensée et de l’émotion, cet espace temporel qui conduit tout notre être vers des valeurs morales que nous revendiquons sans être capables de les
fonder rationnellement.
Les interstices du sens, titre de mon premier recueil de poésie, exprime l’enracinement de la pensée dans des
émotions étouffées, qui ne renaissent de manière cathartique que par la poésie. La philosophie se tait quand la poésie devient pipelette. J’ai souvent ressenti une très vive tension entre les
deux ; ce recueil est sans doute l’expression la plus aboutie de
cette hésitation, toujours irrésolue. « Philiature », le premier poème que je vous donne à lire, rappelle en ce sens tout le cœur de l’œuvre, où l’esprit se meurt de
ressentir.
Je souhaiterais remercier Claire Sichez pour avoir pris le temps de s’inspirer
de mes poèmes en les poursuivant par une autre plume, celle de l’artiste-dessinatrice. Ce n’est pas là une tâche évidente.
Enfin, je voudrais remercier Luis Del Rio-Donoso, qui par sa persévérance et son
regard critique m’a encouragée à publier mon premier recueil de poèmes.
Si vous souhaitez commander ce recueil, contactez-moi : marine.dhermy@laposte.net
Prix : 5 euros (+1 euro de frais de port)